Théâtre Noh

Le théâtre nô est un art traditionnel japonais possédant des origines ancestrales. Ses principes remontent jusqu’au VIIIe siècle, avec l’arrivée au Japon d’une forme de divertissement venue de Chine, appelée sangaku. La pratique du sangaku se développa en sarugaku, qui mêlait la pantomime, l’acrobatie et la musique. Cette forme de spectacle était principalement jouée lors de rites et festivals religieux, autant bouddhistes que shintoïstes. Avec le temps, d’autres influences, comme la philosophie zen et la littérature de l’époque Muromachi, apparurent pour influencer le théâtre nô.

C’est au XIVe siècle que le théâtre nô apparut réellement, grâce à l’attention du shogun Ashikaga Yoshimitsu et de la classe samouraï. C’est sous le patronage du shogun que Kan’ami et son fils Zeami purent développer et codifier cet art, lui offrant un statut prestigieux et institutionnalisé.

Au début, le théâtre nô était organisé en plein air sur des places publiques et d’autres lieux ouverts. Il était fortement ancré dans la religion et était considéré comme faisant partie des rites et fêtes religieuses. C’est, avec le temps, que le nô s’est déplacé dans les salons de thé ou autres restaurants, avant de trouver sa place dans des théâtres consacrés.

Ces théâtres possèdent une scène particulière ; commençons par les coulisses, appelées Kagami no ma (la salle des miroirs), qui servent à préparer les acteurs. Cette salle est directement reliée à la scène par un rideau de cinq couleurs rappelant les éléments de la philosophie chinoise. Une fois ce rideau soulevé, l’acteur se retrouve sur le Hashigakari, une passerelle surélevée bordée de trois pins symboliques, située à gauche de la scène. Ce passage représente une transition entre deux mondes, souvent le monde matériel et le monde spirituel, mais peut aussi servir de lien entre le passé et le présent. La scène principale, appelée Honbutai, est une scène carrée de six mètres surplombée d’un toit, même en intérieur.

  • Le shite, l’acteur principal, porte un masque représentant souvent un personnage surnaturel.
  • Le waki, cet acteur qui ne porte pas de masque, sert d’intermédiaire et d’interlocuteur au shite.
  • Le jiutai, le chœur du théâtre nô, est assis en deux rangs sur la scène.
  • Le hayashi, la partie instrumentale, est composé d’un flûtiste et de trois percussionnistes.
  • Le kōken, l’assistant du shite : il habille le shite et apporte des accessoires et décors sur scène. Il peut remplacer le shite s’il est malade ou blessé.

Ces masques de cyprès japonais étaient sculptés, puis enduits d’un mélange de poudre de coquillages et de colle faite de peaux de poissons, avant d’être peints et laqués.

Les masques nô permettent d’identifier le personnage joué par le shite. Un masque permet d’exprimer plusieurs émotions grâce à l’éclairage et à l’orientation que celui-ci adopte.

Mais les masques de nô sont plus que de simples accessoires ; les familles d’acteurs et écoles de nô se transmettent les masques de génération en génération. Ces masques sont de véritables œuvres d’art réalisées par des artisans minutieux.

Ces masques, étant très respectés et protégés, sont toujours en bon état malgré leur siècle d’existence. C’est en partie pour cette raison que le nombre d’artisans les créant a diminué et que ceux qui restent font souvent des reproductions pour les musées, ou rarement afin de compléter l’ensemble de masques des acteurs.

Les masques originaux sont rarement visibles hors des représentations et ne quittent pas le Japon, où ils sont considérés comme des trésors nationaux.

Aujourd’hui

Le théâtre nô a évolué et s’est modernisé. De nouvelles pièces voient encore le jour et il a été inscrit à l’UNESCO en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité sous la forme de théâtre Nôgaku, qui regroupe le nô et le kyôgen, une forme de théâtre comique. Dans le Nôgaku, les pièces de kyôgen servent d’interlude entre les pièces de nô. Toutefois, le nô demeure fragile en raison de son manque de popularité, notamment auprès des jeunes, et de sa dépendance aux subventions.

Les femmes au théâtre

Une autre forme de modernisation est aussi l’acceptation des femmes dans le théâtre nô. Celui-ci fut entièrement masculin jusqu’en 1948, à une exception près : la ville de Sado, où les femmes avaient été acceptées sur scène plus d’un siècle auparavant. C’est d’ailleurs à Sado que l’on peut assister à des pièces jouées exclusivement par des femmes, alors qu’encore aujourd’hui, la majorité des acteurs reste masculine.

Panier
Retour en haut