ko-omote

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Le masque ko-omote est l’un des plus proéminents dans le théâtre nô ; il représente une belle jeune femme et idéalise la beauté, la naïveté et la jeunesse. Cela peut paraître étrange à notre époque et c’est, dans un sens, normal : les critères de beauté sur lesquels se base ce masque datent de la période Heian (794 – 1185).

Pour revisiter ce masque, j’ai donc décidé de challenger le concept de beauté idéaliste mais, pour avoir un fond, j’ai décidé de m’appuyer sur le masque de Marquardt. Ce masque se base sur phi, le nombre d’or, et chaque élément de celui-ci correspond à un ratio de ce nombre. Il définit l’écart entre les différents éléments du visage, comme l’écartement des yeux, afin d’obtenir un visage dit parfait. Il existe des filtres et applications qui permettent de vérifier si notre visage respecte plus ou moins bien ces ratios.

Le masque de Marquardt a reçu différentes critiques ; certains trouvent qu’assumer que les ratios créés par le nombre d’or constituent une science exacte est faux et que les suivre à la lettre n’assure pas un résultat plaisant. D’autres mettent en avant les préférences personnelles et les biais esthétiques propres à chacun.

Peut-être qu’il y a là une réflexion intéressante ; on peut, par exemple, citer le concept japonais du wabi-sabi, qui célèbre les imperfections comme donnant une valeur esthétique particulière. Après tout, c’est ce qui rend une chose unique.

L’une des raisons de la création d’une multitude de masques représentant des femmes est l’interdiction faite aux femmes de monter sur la scène du théâtre nô.

Les femmes furent acceptées sur scène en 1948, à une exception près : la ville de Sado, où les femmes avaient été acceptées sur scène plus d’un siècle auparavant. C’est d’ailleurs à Sado que l’on peut assister à des pièces jouées exclusivement par des femmes, alors qu’encore aujourd’hui, la majorité des acteurs reste masculine.

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